Diagnostic et premiers soins

L'hypertension artérielle et le rôle des soins de santé primaires

L'hypertension est un tueur silencieux. N'entraînant peu, voire aucun symptôme, elle peut rester non détectée. Découvrez comment les tensiomètres améliorent la santé du patient.

L’hypertension artérielle est l’une des causes les plus fréquentes d’invalidité et de décès. En fait, plus de 40 % des décès avant l’âge de 60 ans sont liés à l’hypertension et 20 % des personnes de moins de 50 ans en sont atteintes.

Le problème pour toutes les personnes concernées est qu’elles ont peu, voire aucun symptôme et n’accordent pas d’importance à la mesure de leur tension artérielle. Inconscientes de leur état, ces personnes ne consultent pas, et lorsque les symptômes se présentent, c’est souvent à un stade d’urgence aiguë.

La majorité des décès associés à l’hypertension peuvent s’expliquer par un manque de traitement précis – ou en fait un manque de traitement tout court. Seulement environ un quart des hypertendus est traité.

Une fois diagnostiqués, il est essentiel que les patients mesurent leur tension artérielle de manière régulière, en prenant des notes et en surveillant les changements. Elles peuvent ainsi détecter les urgences à un stade précoce et éviter des complications.

Les tensiomètres ambulatoire et à domicile permettent aux patients de connaître précisément leurs valeurs de tension artérielle afin d ‘agir et de consulter lorsque cela est nécessaire.

Comment fonctionnent les tensiomètres ?

Un couple de personnes âgées prend note des résultats d’un test d’hypertension. Le tensiomètre est déposé sur la table devant eux.

Les tensiomètres sont non-invasifs et indolores. Un brassard gonflable, relié à un appareil de surveillance de la pression, est placé autour de la partie supérieure du bras. Il existe deux méthodes de mesure de la tension artérielle :
  • Les appareils de mesures oscillométriques
Avec ces appareils, le manchon est placé soit autour du poignet (avec le bras levé à la hauteur du cœur) soit sur le haut du bras. Le manchon est gonflé et relâché grâce à une pompe électronique et une valve. L’appareil utilise un senseur de pression électronique pour afficher la valeur numérique. Lorsqu’un flux sanguin est présent mais faible, la pression du manchon va varier périodiquement en synchronisation avec l’expansion et la contraction cyclique de l’artère. Les valeurs de la pression systolique et diastolique sont calculées à partir des données brutes grâce à un algorithme.
  • Les appareils de mesure auscultatoire
Ils utilisent aussi un manchon gonflable placé autour du haut du bras à hauteur du cœur. Après gonflage du manchon, la pression est lentement relâchée et le sang recommence à circuler dans l’artère. Le flux turbulent crée un battement synchrone avec le pouls (premier bruit de Korotkoff). La pression à laquelle ce son est d’abord détecté correspond à la pression systolique. La pression du manchon est encore relâchée jusqu’à ce que plus aucun bruit ne soit détecté, ce qui correspond à la pression artérielle diastolique.

Créer le bon environnement

Certaines personnes réagissent négativement aux environnements cliniques ce qui peut fausser leurs mesures. C’est pourquoi les mesures à la maison peuvent être plus fiables. Lorsqu’on mesure la tension artérielle à la clinique ou à la maison, il est important de standardiser la situation, qu’elle soit relaxante et calme. Le patient doit être assis avec le bras posé et fléchi.

Choisir le bon tensiomètre

La photo montre un tensiomètre pour le poignet

Les tensiomètres médicaux doivent être fiables, justes et précis. Ils doivent aussi être utilisés correctement dans les bonnes conditions.
Les tensiomètres pour la maison doivent, au minimum, porter le label CE, bien que cela ne garantisse pas qu’ils aient été validés cliniquement.

La majorité des tensiomètres sont oscillométriques. Pour les patients nécessitant un résultat très précis, la mesure auscultatoire est plus pointue mais généralement utilisée uniquement par les médecins.

Pour une double sécurité, des tensiomètres qui utilisent les deux méthodes de mesure existent (la méthode de Korotkoff utilisée par les médecins et la méthode oscillométrique), donnant des résultats fiables même dans des conditions particulières.

Effectuer les lectures les plus précises

La précision de mesure dépend d’une série de facteurs. Par exemple :
  • La position du corps. Pour un appareil au poignet, le coude doit être légèrement plié et l’appareil tenu à hauteur de poitrine (au même niveau que le cœur). Avec un tensiomètre de bras, le bras doit être détendu et posé sur une table.
  • L’environnement. Le stress fait monter la tension artérielle donc la situation doit être la plus détendue possible. La surveillance de la tension ambulatoire donne une mesure plus fiable de la tension artérielle d’un patient car les patients ne subissent pas « l’effet de la blouse blanche » qui peut fausser les mesures, en particulier chez les patients sensibles. Néanmoins, la mesure clinique de la tension artérielle est utile pour le dépistage et pour la gestion de l’hypertension masquée et réelle.

Un couple de personnes âgées est assis sur le pont d’un bateau tandis que le couple regarde le tensiomètre au poignet du mari.